Sassello

  • UN LONG PASSÉ, UNE RICHE HISTOIRE…
    Situé dans l’Apennin, non loin de Savone, le « pays de Sassello » a une histoire et des traditions bien ancrées dans le passé. Le nom de Sassello apparaît pour la première fois dans un document signé en 967 par l’empereur germanique Otton II, dans lequel il concède en fief ce territoire et d’autres encore au marquis Aleramo. Un siècle et demi plus tard, en 1120, est construite sur le territoire de Sassello la première abbaye cistercienne d’Italie, celle de Tiglieto (aujourd’hui une localité de la province de Gênes). Au fil des ans, le pays de Sassello est le théâtre des luttes que se livrent les princes du Piémont et la République de Gênes. Ces conflits entraînent, en 1672 le sac et la destruction de Sassello aux mains des troupes de Savoie. Un siècle plus tard, en 1796, Bonaparte remporte la victoire sur les Autrichiens à Montenotte, tout près de Sassello – et les historiens prospectent toujours la région à la recherche de vestiges de cette bataille. Dans ses écrits statistiques, publiés à Paris en 1824, le préfet nommé par Napoléon, Claude Chabrol, a laissé à la postérité une mine renseignements détaillés sur la situation économique et, de façon plus générale, sur le tissu social de la région au début du XIXe siècle. Si les activités agricoles puis industrielles – liées à la production du fer du XVIIe au XIXe siècle, et à la filature du lin et à la sériciculture jusqu’au milieu du XXe siècle – ont aujourd’hui disparu, il n’en demeure pas moins que le pays de Sassello n’a pas perdu entièrement son attachement traditionnel à la terre et à la sylviculture – autrefois, celle du châtaignier; aujourd’hui, celle du bois de chauffage et du bois de construction. Depuis la deuxième moitié du XIXe siècle, la renommée de Sassello se fonde aussi en partie sur ses amaretti teneri, sorte de petits macarons tendres, dont les Sassellois ont la spécialité. Exportés en Europe et outre-mer, pour le plaisir des amateurs de bonnes choses, ils sont le produit d’une petite industrie locale qui compte pour beaucoup dans la vie de la localité et assure le quotidien d’une bonne partie des familles de la région. Canestrelli, baci di dama, pandolci, autant d’autres produits de l’art pâtissier auxquels le pays de Sassello imprime son cachet particulier…

  • PATRIMOINE ARTISTIQUE
    On dit souvent qu’en Italie, même la plus humble localité recèle des trésors artistiques inattendus. Sassello ne fait pas exception : petite municipalité montagnarde, elle surprend le visiteur par les multiples traces de son histoire millénaire. Le Musée Perrando ramène le visiteur au paléolithique et au néolithique (échantillons de pointes de flèches et de haches en bronze). Les ruines de deux châteaux des XIIIe et XVe siècles le transporteront au Moyen Âge et trois églises lui feront suivre l’évolution de l’art religieux : Saint-Jean-Baptiste (XIe siècle), l’Immaculée Conception (1599) et la Trinité (1725).

  • Le Parc Naturel du Mont Beigua

    Forte de sa superficie de 100 kilomètres carrés, la municipalité de Sassello est l’une des plus étendues de la Ligurie. Une bonne partie de son territoire, en prépondérance boisé, appartient au Parc naturel du mont Beigua. Cette situation privilégiée lui a valu d’être la première municipalité italienne à recevoir le Drapeau Orange, symbole de la qualité exceptionnelle d’un site de l’arrière-pays sur le plan des attraits touristiques et naturels. Ce territoire connaît des changements d’altitude marqués – la ville de Sassello elle-même se situe aux environs de 400 m au-dessus du niveau de la mer et le sommet du mont Beigua, à 1.287 m. De cette hauteur, on aperçoit, lorsque l’air est limpide, la Corse, toute la Ligurie, le mont Rose, les Alpes maritimes ... La topographie est variée, ainsi que le couvert de végétation : bois de conifères et de châtaigniers, splendides hêtraies, vertes prairies et rochers dénudés… Chevreuils, blaireaux, renards, geais, faucons, huppes et hérons ne constituent qu’une partie de la faune nombreuse de la région, sans compter une abondance de fossiles, innombrables témoins d’une faune qui, pour disparue, attire toujours maint naturaliste. La proximité de la mer et des hauteurs partage le climat entre les froidures de la tramontane et la douceur des brises marines, et apporte des neiges abondantes pour ensuite les faire disparaître en peu de jours.

    Ni alpestre, ni maritime, mais participant des deux par les vues qu’il ouvre vers le nord et vers le sud et par sa façon de distribuer sa végétation selon l’orientation de ses versants, le mont Beigua et le parc auquel il donne son nom, ne déçoivent pas le visiteur, quelle que soit la saison :

  • L’hiver, dont les rigueurs effraient une végétation déjà intimidée par des pentes rocheuses, oppose les vents glaciaux du nord aux montées d’air humide du versant maritime pour composer d’étranges paysages de glace sculptée au gré des éléments, la galaverna des gens du pays.
  • Au printemps, la douceur reprend le dessus, reverdit les maigres pâturages et pousse jusque vers les sommets pour susciter des fleurs rares sur des sols réfractaires et libérer des torrents impétueux dans des gorges qu’ils ont eux-mêmes creusées au fil des siècles.
  • L’été rappelle les chevreuils, les geais, et combien d’autres espèces en leur offrant dans sa plénitude la végétation que les rigueurs hiémales leur avaient enlevée.
  • Et, complétude du cycle, l’automne noie la nature dans ses couleurs, lui soutire gentiment l’abondance de ses fruits et, par ses premières averses, peuple le parc d’innombrables espèces de champignons. Par de claires journées illuminées des rayons de cette obliquité caractéristique de l’arrière-saison, le mont Beigua fait don de ses plus belles perspectives sur une région que, de toute évidence, les dieux sont loin d’avoir oubliée.